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Artículo de periódico

Travailleurs étrangers temporaires : la réforme inquiète

Fecha

2014-06-20

Autores

Jean-Sébastien Marsan

Titular

Canoé.ca

Editor

TVA

Texto completo

La réforme du programme des travailleurs temporaires étrangers, annoncée vendredi par les ministres fédéraux responsables, fait craindre le pire au secteur agroalimentaire.

Denis Hamel, directeur général de la Fondation des entreprises en recrutement de main-d'œuvre agricole étrangère (FERME), redoute « beaucoup d'imprévisibilité pour les entreprises agricoles », voire des fermetures.

« La raison pour laquelle l'agroalimentaire ont recours à des travailleurs étrangers non spécialisés, c'est parce qu'il n'y a pas de Canadiens qui veulent occuper ces emplois-là », rappelle Denis Hamel.

Le travail sur les fermes ainsi que les ententes bilatérales avec des pays comme le Mexique, pour le recrutement de travailleurs agricoles saisonniers, sont exemptés de la réforme annoncée vendredi. Ce sont les employeurs de la transformation alimentaire, qui embauchent des travailleurs étrangers temporaires sans qualifications, qui seront frappés par les nouvelles mesures.

Les frais exigés par le fédéral pour le recrutement d'un travailleur étranger, qui passent de 275 $ à 1 000 $ par poste, pèseront lourd : « Des entreprises de transformation alimentaire peuvent engager 100 ou 150 travailleurs étrangers dans une année ; imaginez les frais », indique Denis Hamel.

« En plus, on leur imposera une limite de 10 % de travailleurs étrangers si la main-d'œuvre canadienne n'est pas au rendez-vous. Mais sans main-d'œuvre, des entreprises vont fermer. »

Du côté des restaurateurs

La réforme rend également difficile le recrutement de travailleurs étrangers temporaires dans le secteur de la restauration, au Québec du moins.

Il est maintenant interdit aux employeurs de recourir à des travailleurs étrangers peu qualifiés dans l'hébergement, la restauration et le commerce de détail lorsque le taux de chômage régional dépasse 6 %.

En mai dernier, seulement deux régions québécoises affichaient un taux de chômage inférieur à 6 % : Capitale-Nationale (5,3 %) et Chaudière-Appalaches (4,4 %)...

Ce qui fait dire à François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l'Association des restaurateurs du Québec, que le gouvernement « sort le bazooka ».

« Le ridicule de la chose, c'est qu'on nous dit d'embaucher des chômeurs, mais les chômeurs n'ont pas la formation dont on a besoin. Le programme d'apprentissage en milieu de travail, pour le métier de cuisinier, c'est au minimum deux ans ! »

Simon Gaudreault, économiste à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, abonde dans le même sens. Il affirme qu'une « infime minorité » d'entreprises canadiennes abusait du programme, « aucune au Québec », et surgit une réforme qui pénalise tout le monde. « La plupart des entreprises respectaient l'esprit et la lettre du programme. »

Une opinion qui n'est pas partagée par Eugénie Depatie-Pelletier, porte-parole de l'Association des aides familiales du Québec — travailleuses étrangères qui sont fréquemment recrutées par le programme fédéral.

Le gouvernement maintient quand même l'élément principal du programme, qui est attrayant pour les employeurs et ce qui fait que des employeurs en abusent : les travailleurs étrangers temporaires demeurent la propriété de l'employeur », dit-elle. « Ces travailleurs-là ne peuvent pas travailler pour personne d'autre au Canada et ils savent très bien que s'ils quittent leur emploi, c'est fini pour eux au Canada. »

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