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Débat autour de la discrimination envers les travailleurs étrangers

Date

2012-04-11

Authors

Anabelle Nicoud

Newspaper title

La Presse

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Deux mois après la parution de son avis sur la discrimination systémique dont sont victimes les travailleurs temporaires, la Commission des droits de la personne a encore créé le débat, mardi, lors d'une journée d'étude consacrée à la question.

«Tous les producteurs agricoles ont l'air de cochons!» L'un des représentants de l'organisme FERME, qui gère le placement de la main-d'oeuvre temporaire agricole au Québec, ne décolère pas.

Dans sa ligne de mire, l'avis de 90 pages dans lequel la Commission des droits de la personne a décrit, en février, la discrimination dont sont victimes les travailleurs temporaires peu spécialisés. Il s'agit notamment des travailleurs domestiques et agricoles.

«Quand on lit ça, les travailleurs font pitié», s'indigne ce représentant, qui a assisté à la journée de débats de la Commission.

Or, selon lui, les exploitants agricoles offrent le meilleur accueil possible à leur main-d'oeuvre étrangère.

«On n'accuse personne de ne pas bien traiter les immigrés», tempère le président de la Commission, Gaétan Cousineau. Toutefois, les travailleurs migrants temporaires, en raison de leur statut légal, et donc de leur origine, sont victimes de discrimination.

Ainsi, ils ont un permis de travail qui les lie exclusivement à un employeur. Ils ne peuvent donc pas changer d'emploi s'ils le souhaitent. Ils sont également exclus de certains mécanismes de protection et de certaines normes du travail.

«Les mécanismes de protection légale ne garantissent pas que le travailleur ne sera pas renvoyé dans son pays», explique Marie Carpentier, avocate et conseillère juridique à la Commission des droits de la personne.

Chaque année, 73 000 travailleurs temporaires viennent au Canada, dont 7000 environ au Québec.

Ce nombre va croissant, et les travailleurs temporaires sont maintenant recrutés dans de nouveaux secteurs d'emploi, notamment dans les abattoirs.

Un défi de taille

Pour les centrales syndicales, c'est un défi de taille.

«À partir du moment où les travailleurs temporaires entrent dans les usines, ils minent le rapport de force entre l'employeur et les syndiqués. Ça pose beaucoup de débats, dit Jean Lortie, secrétaire général de la CSN. Quel est le rôle du syndicat local? Comment réduire la dépendance de ces personnes?»

Selon François Crépeau, professeur en droit international public à l'Université McGill et rapporteur spécial des Nations unies pour les droits des migrants, les travailleurs temporaires ont moins de choix que les autres.

«La dignité de l'individu s'exerce par la possibilité de faire des choix. Si on a des travailleurs migrants temporaires et des travailleurs clandestins, c'est que nous voulons des travailleurs qui n'ont aucune autre option», croit M. Crépeau.

«Nous avons construit des conditions de travail dont nous ne voulons pas. Nous avons inscrit la vulnérabilité comme condition structurelle de l'emploi. Il y a un coût à les changer. Je ne sais pas ce que ça signifierait pour le Québec», poursuit-il.

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