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Newspaper article

Fermier québécois exclu du programme d'ouvriers saisonniers

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Date

2007-06-20

Authors

André Noël

Abstract

Quatre ouvriers mexicains ont signé une déclaration, l'été dernier, affirmant que leur patron, Raoul Forino, avait fait mine d'attaquer un des leurs avec un couteau, dans une autre ferme de Saint-Michel, au sud de Montréal. M. Forino dément catégoriquement l'allégation. Mais les consulats du Mexique et du Guatemala l'ont prise au sérieux et ne lui ont pas fourni de travailleurs cet été. Cet événement n'est pas le seul incident violent associé à ce patron.

Newspaper title

La Presse

Page numbers

A3

Place published

Montréal

Full text

"Il y a eu de l'intimidation de la part du patron à l'endroit du compagnon Jesus Soto Uribe, écrivent les quatre ouvriers, dont M. Uribe, dans une déclaration faite le 14 août dernier. Le patron était fâché: il s'est approché très vite (de M. Uribe) en faisant le geste de le frapper, mais au dernier moment, il a planté le couteau dans une boîte de céleri à côté du travailleur."

Les signataires affirment qu'il y a eu d'autres incidents violents. Par exemple, ils affirment qu'ils ont souvent dû protéger leurs mains de crainte que Raoul Forino les piétine lorsqu'ils travaillaient à genoux. "Alors que des compagnons ne conduisaient pas le tracteur comme le patron voulait, il a lancé des oignons, poussé des jurons, et failli les frapper à la tête", ajoutent-ils.

Ils soutiennent que M. Forino transportait les travailleurs d'un champ à l'autre beaucoup trop vite, en mettant leur sécurité en danger, parce qu'il ne voulait pas perdre de temps. "Le patron ne tolère pas que les travailleurs aillent boire de l'eau, parce qu'ainsi ils perdent trois ou quatre minutes, ajoutent-ils. Mais il n'apporte pas d'eau au champ."

Joint par La Presse, Raul Forino a rejeté toutes ces accusations. "Le couteau, je l'ai planté dans le paquet de boîtes, a-t-il dit. Je fais tout le temps ça: il faut bien couper les cordons qui tiennent les boîtes ensemble. Cette fois-là, ça a adonné que je lui parlais en même temps (au travailleur). Il ne faisait pas la moitié de l'ouvrage qu'il devait faire. Mais dire que je l'ai menacé, ils en ont mis pas mal.

"À la fin de l'été, ces gars-là se pognaient le cul dans les champs, a-t-il ajouté. Ils voulaient boire de l'eau toutes les 10 minutes. Moi, je trouvais qu'ils exagéraient. Je disais: aux 30 minutes, 40 minutes, OK...Quant au transport, c'est faux que je mettais leur sécurité en danger. S'ils veulent une limousine, j'ai pas les moyens. Ils se sont plaints, et les consulats m'ont barré du programme."

Explicite

Quand il a reçu la déclaration des quatre ouvriers, Mario Lauzon, le fonctionnaire fédéral responsable du programme au Québec, a reconnu par écrit que ce cas était "assez explicite". Mais ce n'est pas lui qui a pris la décision d'exclure la ferme du Programme des travailleurs agricoles saisonniers. Il a laissé ce soin aux gouvernements du Mexique et du Guatemala.

L'employeur a été "exclu par le Mexique pour l'année 2007", écrit-il dans un courriel, daté du 27 novembre. Il ajoute:"À moins d'avis contraire du consulat du Guatemala, Service Canada ne serait pas favorable à ce que cet employeur recrute des Guatémaltèques pour remplacer ses travailleurs mexicains. Aussi, nous avons demandé au consulat du Guatemala de faire une visite à cet employeur, car il y a présentement deux travailleurs qui y travaillent toujours."

Pourquoi n'est-ce pas le gouvernement canadien qui fait respecter les droits des travailleurs migrants qu'il fait lui même venir au pays? Jason Bouzanis, porte-parole de Ressources humaines et Développement social Canada, affirme que c'est la responsabilité des gouvernements provinciaux. Pourtant, le président d'une commission d'enquête sur les normes du travail fédérales, Harry W. Arthurs, soutient que le gouvernement canadien e peut pas se décharger si facilement de ses responsabilités.

"Le gouvernement fédéral a le pouvoir d'imposer des conditions aux employeurs qui engagent ces travailleurs (agricoles étrangers) et de faire appliquer ces conditions en retirant les permis existants ou en refusant les permis à venir si l'employeur ne traite pas ses employés de façon appropriée", écrit M. Arthurs, dans son rapport publié l'année dernière et intitulé Équité au travail: des normes du travail fédérales pour le XXIe siècle.

Keywords

travailleurs migrants, violence, FERME, menaces, programme d'ouvriers saisonniers

Economic sectors

Agriculture and horticulture workers and Natural resources, agriculture and related production occupations - general

Content types

Policy analysis, Documented cases of abuse, and Current Policy

Geographical focuses

Quebec and Federal

Languages

French